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Critique de cinéma
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«La tourneuse de pages»
(critique de correspondant)
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Excellent film sur la lutte psychologique contre soi-même. Même si Dercourt
est lui-même compositeur, la musique n'est ici qu'un prétexte, et le même scénario
pourrait être appliqué à de nombreuses situations (familiales,
professionnelles...). Déborah François joue le rôle d'une jeune fille qui a
tout pour plaire, bien intégrée socialement, et qui est pourtant rongée
psychologiquement par l'échec vécu dans son enfance. Il s'agit en fait d'une
lutte contre elle-même, qui se traduit par une recherche perpétuelle de la
perfection. Comme elle vit en permanence avec son échec, la recherche de la
perfection rime avec masochisme, vu qu'elle sait qu'elle n'y arrivera pas. C'est
la raison pour laquelle elle transpose ses frustrations dans le fils de la
pianiste comme si c'était elle : apnée à la limite de l'étouffement,
tendinites dues à une pratique trop intense du piano... l'effort doit rimer
avec douleur. Dans le cas de la vengeance contre la pianiste jouée par
Catherine Froh, on apprécie particulièrement la capacité à détruire
quelqu'un par l'absence de mots, beaucoup plus puissante que des coups ou des
insultes.
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